Le projet


Café « Citoyen »… mais pourquoi?

Ce nom intrigue, questionne, rebute parfois… Certains hésitent même à franchir le pas de notre porte, quelque peu effrayés par ce nom jugé trop engageant, au fond pas assez neutre… Alors pourquoi ce nom?

Mais d’abord, qu’est-ce que ça veut dire « citoyen »?

Au sens large, le citoyen est celui qui se considère comme partie d’un collectif et défend ainsi plus que son intérêt personnel: c’est celui qui prend une part active au projet commun d’une cité. La citoyenneté est donc intimement liée à la notion de démocratie, qui implique à son tour les notions de justice et d’égalité des droits.

Pour toutes ces raisons, il nous semble que ce nom n’est pas inadapté au projet que nous défendons:

  • Par la manière dont le Café s’inscrit dans une économie locale, sociale et solidaire, oeuvrant ainsi au coeur de la cité avec d’autres acteurs pour une meilleure équité et un plus grand respect dans les rapports humains liés au commerce: que ce soit dans ses relations avec ses partenaires économiques (fournisseurs, prestataires de service, soutiens financiers), ou dans les relations avec les individus qui le font vivre (« clients »…);
  • Par la manière dont le Café s’efforce de pratiquer la démocratie dans l’organisation du travail au quotidien, en optant pour un statut coopératif qui responsabilise et implique chacun des membres de l’équipe;
  • Par la manière dont le Café rend possible concrètement la rencontre entre des individus désireux de s’impliquer d’une manière ou d’une autre dans la vie de la cité, pour faire bouger les lignes, en mettant à disposition des espaces propices à l’exercice de cette forme de citoyenneté, et en s’efforçant de relayer tout type d’information allant dans le sens d’une construction positive, d’une amélioration des conditions du vivre ensemble.

Un autre commerce, pour une autre économie.

Alors que le « bio » est devenu par les temps qui courent une source de profit parmi d’autres, et que certains, de plus en plus nombreux, ne se privent pas d’utiliser l’image de l’écologie pour la détourner à des fins contradictoires, en la vidant notamment de sa composante sociale, une des fonctions du Café Citoyen aujourd’hui est de contribuer à « démystifier » d’une certaine manière le « bio » et toute une mode « écolo », pour mieux réhabiliter sa dimension de résistance, affirmer ses valeurs humaines, sociales, environnementales.

Le pari original que constitue le projet du Café Citoyen est de montrer qu’un autre commerce est possible dans le commerce: car c’est dans ce monde que nous voulons donner à entendre notre voix, non pas à la marge. C’est plus précisément dans la ville, en son coeur même que ce projet précis prend tout son sens (sa localisation géographique n’est pas le fruit du hasard… à deux pas d’une des rues les plus emblématique du type de commerce que nous récusons…).

Notre choix est clair: nous défendons à notre échelle une économie sociale et solidaire. Sur quoi repose cette vision singulière de l’économie? Quels choix concrets nous inscrivent dans cette démarche alternative? D’autres éléments de réponse ci-après.

Le choix de l’agriculture biologique.

Dés sa création en 2005, le Café Citoyen a fait logiquement le choix d’un approvisionnement 100% issu de l’agriculture biologique autant que possible locale, et dans tous les cas issu d’un commerce équitable.

Le bio que nous choisissons exclut autant que possible toute relation au monde de la grande distribution, dont les pratiques nous semblent en grande partie responsables de la dégradation de nos sociétés sur le plan social et écologique.

C’est pourquoi nous favorisons dés que nous pouvons les petits producteurs locaux avec qui nous traitons le plus directement possible et nous efforçons de contribuer le moins possible à une économie qui implique des conditions de travail dégradantes et des relations commerciales inéquitables.

Cette approche restant toujours perfectible, nous travaillons en lien avec d’autres acteurs pour être toujours plus cohérents dans notre démarche.

Le choix de la Scop.

Le Café Citoyen s’est monté dés l’origine sous forme de Scop  (Société Coopérative et Participative), qui est une forme particulière de Société à responsabilité limitée.

Pourquoi ce choix? Parce que dans une Scop:

  • Les décisions sont prises collectivement selon le principe un homme=une voix; c’est un principe simple de démocratie participative.
  • Les salariés sont aussi associés et dés lors impliqués dans un projet qu’ils défendent et élaborent en commun; c’est une autre vision du travail en commun.
  • L’indépendance financière est garantie et protège l’entreprise d’une prise de contrôle majoritaire par un seul individu ou par des investisseurs extérieurs, le pouvoir revenant toujours au collectif des salariés. C’est une manière de se prémunir contre le pouvoir aujourd’hui démesuré et sans limites morales de ceux qui détiennent le pouvoir financier et l’imposent sans concertation réelle au monde comme pouvoir politique.

Ce choix implique donc une concertation permanente entre les porteurs du projet, ce qui n’est pas toujours simple, mais ceci nous oblige néanmoins à assumer en actes notre volonté d’une démocratie à part entière à tous les niveaux.

Un lieu de rencontre, de réunion…

Le Café Citoyen a été créé à la base par des militants soucieux de faire sortir l’écologie des institutions où elle était quelque peu cantonnée, pour investir concrètement le domaine public. L’idée d’un café – brasserie s’est alors imposée pour permettre aux associations et autres collectifs militant autour de la question de la relation entre l’homme et son environnement de se réunir dans un cadre convivial et surtout ouvert à tous, plus proche d’un public qui ne soit pas déjà convaincu des valeurs écologiques…

Le Café Citoyen offre concrètement deux salles séparées où il est possible de s’informer, se réunir, discuter, construire des alternatives. S’il ne prétend pas se substituer aux institutions existantes, le Café propose un cadre original qui favorise à la fois la rencontre entre différents acteurs du monde associatif militant et la rencontre entre les militants et un public non spécialisé. C’est cette diversité d’individus (écolo-convaincus, étudiants, chômeurs sans étiquette, habitués en tous genre, personnes là par hasard, etc.) dont se nourrit aujourd’hui le Café, sans laquelle il ne pourrait tout simplement pas survivre.

Se réunir, se rencontrer, construire des projets collectivement pour changer concrètement nos conditions de vie: c’est pour nous une manière parmi d’autres d’exercer la démocratie, d’exprimer sa citoyenneté.

Enfin, un bistrot…

Ce lieu engagé, où se réunissent des associations, des collectifs, où se tiennent des conférences (parfois sérieuses…), n’aurait pas de sens s’il n’existait avant tout comme café, comme bar où se croisent par hasard (ou pas) des individus d’âge, d’origine, de milieux différents… mais qui ont tous en commun de participer, au moins le temps de leur passage au Café (ne serait-ce qu’en buvant un verre), à une démarche alternative au mode de production dominant.